Thématique Mai | Arts visuels à l'hôpital

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Thématique Mai

   Pour répondre à la 4eme conversation : Les limites, les contraintes et les conditions d’expression de l’art à l’hôpital…
Politique, Ethique, Poétique
En mai nous vous proposons de réagir à une sélection d’œuvres produites par ADLC

Dominik Lejman, Découvertes cartographiques, Clinique Pédiatrique de Varsovie, Pologne, 2002
La Clinique pédiatrique de Varsovie s’est installée dans un vieux bâtiment originellement conçu pour des bureaux. Le lieu d’intervention constituait un réel défi pour l’artiste, vétusté des locaux, couloirs étroits, chambres exigües. Face à ces contraintes majeures, Dominik Lejman a utilisé la vidéo pour transformer les espaces de vie de la clinique. Après avoir enregistré de courtes séquences d’animaux sauvages au zoo de Gdansk, Il les a projetées directement sur les murs et les sols des couloirs, salles de jeux, de repos, salles de bains communes etc…, pour y créer un univers fantastique et subtil transcendant le quotidien triste et douloureux des enfants.
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Elsa Sahal, Parade, Salle d’attente des urgences pédiatriques de l’Hôpital Necker, Paris, France, 2004
Pour le site des Urgences pédiatriques médico-chirurgicales recevant chaque jour plus de 130 patients, Elsa Sahal devait concevoir une Å“uvre apaisant les tensions, dans ce lieu exigüe et source d’angoisse. Pour répondre à cette attente, Elsa Sahal a imaginé une Å“uvre en ronde-bosse sur le thème de la « Parade » foraine en associant des enfants hospitalisés qui ont réalisé des petites figurines issues de leur imaginaire et évoquant avec l’univers du cirque. La réponse ainsi apportée par l’artiste est effectivement particulièrement propice à susciter l’imagination des enfants hospitalisés. Selon le témoignage du Professeur Chéron, Chef du service, cette Å“uvre qui éveille la curiosité des enfants amorce dans la salle d’attente l’échange entre les parents et enfants, libère la parole et s’avère par là même être une formidable préparation à la consultation».
Lors d’une enquête réalisée par Art dans la Cité en 2004 auprès des enfants et de leur famille en attente dans la salle, Olivier Galaverna a pu conclure que l’œuvre d’Elsa Sahal rassure les parents, adoucit l’ambiance et humanise l’espace.
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Lise Couzinier, Les plongeurs de l’imaginaire, Patios de l’Hôpital Ste Marguerite, Marseille, France, 2006
Le projet proposé par l’artiste, représentant des plongeurs jaillissants du sol dans les patios extérieurs, a tout d’abord reçu un accueil réservé de la part de certains soignants qui craignaient que les bustes émergeants des pelouses ne perturbent les patients schizophrènes du service. Cependant, l’œuvre imaginée par Lise Couzinier a pu être réalisé grâce au soutien sans faille du Professeur Naudin, Chef de service, qui voyait dans ces plongeurs “une métaphore de l’inconscient“, une illustration symbolique originale pour cet hôpital « J’aime bien ces corps à demi enterrés. C’est tellement fort dans un lieu comme ici et si ça dérange, après tout c’est ça la fonction de l’art, c’est de déranger, de questionner, de rendre meilleur en dérangeant. »
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Kader Attia, Sans titre, Bassin de la Cour d’Honneur, Hôpital de Rouffach, France, 2009
L’hôpital psychiatrique de Rouffach souhaitait une œuvre symbolisant la commémoration de son centenaire. Elle serait installée dans la cour d’honneur à l’entrée du site, accessible et visible par tous… sauf les patients dont les espaces d’accueil se trouvent plus loin. Pour contourner cette limite, l’artiste propose une œuvre sonore et poétique qui vit avec le vent et la pluie, en un concert naturel, hommage au « Concert à la Mer » de Tadeus Kantor. « Ce qui m’intéresse ici, c’est d’interroger et de transcender la problématique de la règle et de l’ordre, à travers une oeuvre qui crée un lien avec les patients par la voie de l’air et de l’esprit… »
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Jota Castro, Somewhere over the rainbow, Déambulatoire de l’Hôpital Charles Richet, Villiers-le-Bel, France, 2009
La direction de l’établissement désirait une intervention artistique pour le déambulatoire de son service de gérontologie. La première proposition de Jota Castro était une installation lumineuse « lyrique » et un atelier basé sur les sens, le toucher et de l’ouïe. L’artiste s’est trouvé confronté aux contraintes liées aux pathologies des patients, souffrant majoritairement de troubles cognitifs, sensoriels, comportementaux et parfois psychiatriques. Il a alors dû repenser son installation lumineuse et, l’atelier proposé aux résidents, a fait place à une un atelier des « pensées positives ». Ces paroles bienfaisantes ont été enregistrées et, grâce à un subtil système sonore, l’artiste leur laisse désormais le loisir de venir les écouter dans une petite alcôve intime.
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Michaël Fliri, Name it as you feel it, Parc de l’Hôpital de Port Louis-Riantec, France, 2009
Michaël Fliri devait, pour cet hôpital à vocation gériatrique, inciter les résidents à sortir dans le parc. L’espace extérieur de l’hôpital était effectivement quasiment déserté par les personnes âgées. L’artiste a imaginé deux installations vivantes, poétiques et surprenantes: un figuier tourne sur lui-même en jouant avec le vent constant apporté par la mer, sans plier comme tous les arbres du parc ; un assemblage de tubes en cuivre relie l’ancienne volière du Parc, longtemps vide et qui abrite désormais six oiseaux « inséparables », au toit conique du kiosque à musique, qui n’a jamais vu de concert. Cette étrange procession court sur le sol et enjambe une allée pour apporter au promeneur assis dans le kiosque, le chant des inséparables. Ces installations insolites suscitent l’étonnement et la curiosité des résidents autant qu’elles attirent les voisins curieux ouvrant ainsi l’hôpital sur la ville.
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Projets en cours :

Projet artistique à destination des enfants hospitalisés en chambres stériles et d’isolement, Service d’hématologie pédiatrique, Hôpital Armand Trousseau, Paris, France, 2010
Les chambres stériles et d’isolement sont des unités complexes et sensibles au sein desquelles sont hospitalisés durant de longues semaines des enfants atteints de lourdes maladies du sang. Subissant de douloureux traitements, ils sont généralement placés en isolement en raison de leur vulnérabilité immunologique.
Pour ce contexte aussi délicat, Art dans la Cité propose un projet artistique avec des artistes utilisant le médium numérique et le jeu vidéo. Il doit en effet permettre à ces enfants le décloisonnement, la sociabilisation et la découverte de nouveaux langages d’expression, afin de rendre leur séjour un peu moins difficile.
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Hugo Verlinde, « Boréal », CHR d’Annecy, France, 2010Le centre hospitalier d’Annecy nous a consultés afin de réfléchir à une création visuelle pour les chambres du service de réanimation et destinées aux patients sortant d’un coma prolongé et à leur entourage. L’équipe soignante voulait une œuvre qui les accompagne au cours de la phase critique de réveil, une œuvre qui leur donne un sentiment d’espace, de liberté. L’artiste Hugo Verlinde propose une œuvre interactive, changeante, sensible à son environnement, qui suscite un dialogue gestuel avec le spectateur. Oeuvre comportementale, présentant un ciel étoilé apaisant, cet univers sidéral se transformera en fonction des mouvements du patient et ou de son voisinage.

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