Thématique Juin | Arts visuels à l'hôpital

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Thématique Juin

   Pour répondre à la 5eme conversation : La nécessité de l’art à l’hôpital ; Catharsis et Sérénité ; Hospitalité et Bien-être.
En juin nous vous proposons de réagir à une sélection d’œuvres produites par ADLC :

Jean-Pierre Brazs, Anamorphose, Parc, Hôpital de Pédiatrie et de Rééducation de Bullion, France, 2007

Il avait été demandé à l’artiste d’associer à son projet un groupe d’adolescents en surcharge pondérale. L’activité physique était un aspect nécessaire et important de leur traitement. Durant ce projet, ils partaient déambuler dans la nature en repérage, recueillaient des objets, minéraux et végétaux, les sélectionnaient et les assemblaient afin d’en faire une installation paysagère. 

Jean-Pierre Brazs avait retenu pour son intervention un espace qui offrait de nombreuses possibilités de jouer sur les rapports entre réalité et imaginaire, entre l’ici et l’ailleurs, sur des déplacements dans l’espace et sur des jeux de points de vue qui pouvaient également motiver les enfants.

La création a servi de moteur à une dépense physique volontaire pour ces enfants en surpoids. Le plaisir lié à la création artistique a permis de faciliter l’engagement physique nécessaire à la réalisation de l’installation.
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Léopoldine Roux, Bubble paintings Lullabies, Couloirs des Urgences pédiatriques, Hôpital René Dubos, Pontoise, France, 2007

Destiné à l’entrée et aux couloirs des Urgences pédiatriques les «Bubbles painting» devaient faciliter le déplacement des visiteurs tout en le rendant plus léger, plus agréable et convivial.

En résidence au sein de l’établissement, Léopoldine Roux a associé à son projet, des adolescent(e)s en rupture sociale ou affective, anorexiques chez les filles et avec des troubles du comportement chez les garçons : «Il était difficile pour moi d’analyser leur perception. Il y a eu des signes de rejets au début, une jeune fille me dit que “c’est dégoûtant de toucher la peinture avec ses doigts“, des comportements propres à leur pathologie je pense. Mais j’ai ressenti à plusieurs reprises des moments de bien être où leur esprit s’abandonnait à une pratique picturale répétitive et aléatoire. J’ai aussi entendu des expressions détendues “ça me calme de faire des taches“ ou “je ne pense plus à rien quand je peins“ […] Ce qui m’a le plus marquée, c’est le rapport insolite qu’entretenaient les jeunes filles anorexiques avec ma peinture dégoulinante, gustative, aux tons sucrés et aux matières glacées. Certaines étaient dégoûtées et je le comprends. Pourtant, en fin de résidence, elles avaient les deux mains dans la peinture, sans gants ».
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Léopoldine Roux, Something in the air, Hall d’accueil extérieur, Hôpital National de Tokushima, Japon, 2007

Réalisé dans le cadre d’un échange France-Japon, en partenariat avec l’association japonaise N&A’M, le projet était destiné au hall d’accueil de l’hôpital de Tokushima. Ici, l’artiste a associé des adultes atteints de myopathie aigüe. Bien que la communication ait été moins immédiate qu’à Pontoise, de part la barrière de la langue et l’état physique des patients, les échanges se sont établis via les couleurs et les formes, les gestes, les sourires et les regards. La création a permis de transgresser les handicaps. Une idée de contamination plastique et aussi sociale s’est répandue dans les ateliers de Léopoldine. Les patients ont pu s’exprimer afin de faire émerger calme, tranquillité et bien-être.: «Chaque toile est composée de milliers de spots, lentement disposés, couleur par couleur, chaque jour différente. Je les ai disposés comme la pluie peut remplir cet espace vide.[…] A Tokushima, les couleurs sont inspirées des paysages de rizières. Du vert foncé bleuté au jaune doré grillé par le soleil d’août en passant par des verts d’eau et des verts au jaune fluorescents. […] J’ai beaucoup pleuré au Japon, de leur douleur, de leur corps asphyxié, de leur amour prisonnier. Toutefois, mon regard a changé après cette résidence, ma peinture se nourrit maintenant des rapports d’ombres et de lumières. »
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Megumi Ishibashi, Rainbow planet, Galerie de circulation, jardins de l’Hôpital Paul Brousse, Villejuif, France, 2008

Rainbow planet, composé de sept formes circulaires aux couleurs de l’arc-en-ciel mises en lumière et installées au plafond, transforme la galerie de circulation empruntée chaque jour par e nombreuses personnes. Des sculptures en résine colorées, créatures mi-humaines, mi-animales issues du monde féériques de Megumi et qui rappellent l’univers des dessins animés japonais, sont placées à des endroits inattendus de ce même espace. Pour Mégumi, l’arc en ciel est un pont qui relie les hommes à l’univers, un univers de paix et d’harmonie, de sérénité. L’artiste a aussi entraîné des jeunes femmes souffrant de troubles du comportement alimentaire dans des ateliers de création intitulés «Bananaman». Des formes improbables sont nées de ces rencontres et grâce à la joie de vivre communicative de cette jeune artiste japonaise, une complicité s’est installée qui l’a unie aux patientes. Les instants de calme et de concentration alternaient avec les moments de joyeuse effervescence et de discussions où l’on se comprenait en mêlant les langages.
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Sylvie Denet et Loïc Loeiz Hamon, Fresques murales, Couloirs d’hospitalisation Service de psychiatrie pédiatrique, Institut Mutualiste Montsouris, Paris, France, 2007

Sylvie Denet et Loïc Loeiz Hamon devaient changer l’ambiance des couloirs du Département de psychiatrie de l’adolescent. Sylvie Denet a travaillé côté cour avec un groupe d’enfants. Il s’agissait de détourner des objets naturels en effectuant avec un éclairage, un travail sur les ombres où naissaient des formes issues de l’imaginaire des enfants. Loïc Loeiz Hamon a travaillé côté jardin, une fresque végétale investit les murs, prolongeant la végétation visible des fenêtres, mais fantasmée, inventés, une végétation de fiction.

Ainsi s’est créée entre les artistes et les enfants une relation de complicité qui leur a permis de s’exprimer  pleinement. L’expression artistique comme possibilité de se libérer et la personnalité des artistes comme booster avéré.
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Alice Baillaud, Ombres de lumière, Kiosque du parc, Hôpital de Margency, France, 2008

Le projet artistique proposait une intervention dans le parc autour du kiosque à musique, point central de rencontre et jusqu’alors peu fréquenté. Alice Baillaud a proposé une installation composée d’une dizaine de silhouettes en grillage, réalisées à partir des ombres des enfants. Une colonne lumineuse est placée au centre du kiosque. Un jeu de miroir ajoute de la transparence et la superposition des points de vue, créant une installation interactive où se mêlent les paysages et les silhouettes des visiteurs.

Le travail sur l’ombre a mis en avant un contour mesurable défini à la différence de l’intérieur imperceptible, profond et impalpable. Ici les enfants vont transgresser leur maladie à travers un personnage.
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Damijan Kracina, Récif corallien, Entrée, Clinique pédiatrique de Ljubljana, Slovénie, 2006

En les conduisant dans son univers, celui des êtres et des créatures marines, et en leur faisant prendre conscience de la fragilité de la planète, l’artiste conduit les enfants dans un déplacement de leur problématique en leur permettant de s’identifier à cet espace fragile qu’ils peuvent créer.
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Michaël Fliri, Name it as you feel it, Parc, Hôpital de Port Louis-Riantec, France, 2009

Avec ce parcours poétique dans le parc qui attise la curiosité, on est là dans une dimension autre, il n’y a pas d’explication, simplement la liberté d’interpréter et de réagir à cette création.
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Jota Castro, Somewhere over the rainbow, Couloir d’hospitalisation Service gérontologie, Hôpital Charles Richet, Villiers-le-Bel, France, 2009.

Les paroles sensibles de ces patients atteints d’Alzheimer encouragées au cours des « ateliers des pensées positives » et leur déplacement enrichi  dans le déambulatoire transformé par une installation lumineuse !
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Raphaël Isdant et Nicolas Sordello, Le  Manège, Chambres stériles et  d’isolement, Service d’hématologie, Hôpital Armand Trousseau, Paris, France, 2010

Holocène - Le Carrousel rugissant - © 2009 Raphaël Isdant & Nicolas Sordello

 

Raphaël Isdant et Nicolas Sordello ont conçu un projet multimédia en réseau adapté aux contraintes de ces espaces. Chaque enfant pourra transformer l’œuvre, inventer des interactions et nouer des liens. Elaboré à partir des ordinateurs dont chaque enfant dispose, cet environnement virtuel participatif leur permettra de stimuler leur imagination, d’apprendre de nouveaux langages d’expression et de voyager vers « un ailleurs » où ils peuvent échanger, créer, déambuler, découvrir… favorisant ainsi la rupture avec leur isolement respectif et contribuant à leur épanouissement personnel malgré la douleur de la maladie et de l’hospitalisation.